lundi 9 novembre 2009

Peu de temps pour revenir à l'essentiel

Un midi de lycéen n'est pas forcément une partie de plaisir. On finit les cours de la matinée avec un chat sauvage à la place de l'estomac, on court tel un lièvre en retard et n°2 derrière une tortue un peu trop prétentieuse, on se jette dans le tram ou dans la file d'attente de la cantine. On patiente difficilement. On arrive enfin devant son assiette qui n'est jamais complètement à notre goût : de la viande trop cuite que même Mufasa affamé ne mangerait pas, des légumes parfois un peu trop crus, un fromage un peu ou trop fait que même une biquette de 18ans n'oserait sentir. Braif, déception.


Ma pause déjeuner d'aujourd'hui ne fut pas comme les autres.


Après avoir donc attrapé un tram et être arrivée chez moi, je trouve une grosse et grande enveloppe, fond bleu et bébé phoque au premier plan. Après avoir fait un mini "Ohh", plein d'amour, normal je suis une fille, j'ouvre. C'est alors que j'entre dans un monde de tendresse mais en péril. Oui je me suis laissée prendre au coeur par les propos du monsieur du Fond international pour la protection des animaux. Un peu étonnant pour une lycéenne de 18ans avec une pause déjeuné aussi courte que la carrière de Nicolas Hulot à la tête de l'Etat.


Mais la lettre détaillant la cruauté des chasseurs de fourrure et d'ivoire ne suffisait pas à me ratatiner au fond de mes chaussettes, il est accompagné d'un calendrier avec des images dignes de celles découpées dans 30 millions d'amis que j'affichais fièrement dans ma chambre. Oui je voulais être vétérinaire et sauver la planète. Mais les années défilèrent et cette envie disparue progressivement.

En ouvrant cette enveloppe bleue, en pleurant comme un bébé devant un tout jeune ours polaire orphelin toute cette envie et passion est ressortie. Non je ne souhaite plus faire des piqures au Yorkshire de la mamie du coin comme la profession de vétérinaire en ville l'exige mais envie de partager ce moment particulier avec des personnes qui aiment lire mes articles.


Il propose de donner un peu de sous pour les aider à arréter les tueurs de baleines avec des harpons explosifs, de stopper les chasseurs d'éléphants et des hommes peu scrupuleux fusillant des bébés phoques pour leur fourrure toute blanche. Alors on va tenter de convaincre maman et papa. Surtout si l'argent donné à de telles associations peut être déduis des impôts. Même si ces quelques sommes ne peuvent sauver tous les phoques, c'est toujours ça.



Certes le déjeuner est un peu trop court, certes il est souvent décevant, énervant parce que le poulet n'est pas assez cuit et qu'il n'y a plus de ketchup. Mais parfois il peut nous faire réaliser que nous sommes énervés pour de mauvaises raisons.



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